La société civile, un choix judicieux pour la réconciliation au Togo

Trouver les meilleurs chemins pour mener à bon port le processus de réconciliation nationale afin de faire face aux immenses défis du renforcement de la cohésion sociale et du développement durable auxquels le Togo fait face actuellement n’est pas l’affaire d’une seule personne. C’est à cet exercice que le HCRRUN se prête avec la collaboration de certains acteurs de la société civile à travers des séances d’informations et de sensibilisation. De Lomé à Cinkassé en passant par Sokodé, Mango et Aného, le HCRRUN conformément à son cahier de charge doit procéder à la mise en œuvre des recommandations et du programme de réparation élaborés par la CVJR.

La Togo a une société civile dynamique qui a été engagée dans plusieurs processus de construction de la paix dans le pays. Durant le processus de démocratisation des années 90, la société civile était aux avant-gardes surtout pour la promotion et le respect des droits de l’homme. Les organisations de femmes ont aussi joué un rôle non-négligeable pour la dignité des femmes togolaises tout aussi bien en milieu urbain que rural. Tout récemment, elles ont accompagné la Commission vérité justice et réconciliation de Monseigneur Barrigah. Cette commission mise en place a travaillé pour rétablir la vérité sur les violences sociopolitiques intervenues entre 1958 et 2005. Cette mission de la CVJR a été soutenue par la société civile notamment la Plateforme citoyenne justice et vérité (PCJV) qui a surtout mené des actions de sensibilisation et de lobbying pour rendre le processus inclusif.

Dans le contexte de réparation engagé par le HCRRUN, la société civile est mise en avant. Ce sont ses acteurs qui tentent tant bien que mal de rassurer les populations sur la nécessité d’aller à la réconciliation à travers la présentation d’exposés et de partage d’expériences. Ce processus n’est donc plus l’apanage de l’Etat seul ou de ses alliés.

La présence de la société civile dans ce processus rassure plus d’uns étant donné que ces derniers ont prouvé par leur travail que le bien-être des populations fait partie de leurs préoccupations privilégiées.

Bien que ce soit difficile aux acteurs de la société civile d’avancer aisément sans être taxé de parti pris, c’est toujours difficile de restaurer et de réparer les événements de violences.

Pour Bernard Bokodjin, activiste de la société civile et personne ressource au HCRRUN, des interrogations s’imposent à savoir est-ce que le pays a besoin de se réconcilier ? Est-ce que le Togo a besoin d’aller aux réformes ? Est-ce que le Togo a besoin de reconnaitre les victimes qui ont eu réellement des préjudices ? Si à toutes ces questions, on peut répondre oui, alors la société civile ne peut pas rester en marge et moi je crois que si on accompagne le processus, en tant qu’acteur de la société civile, c’est que tu dois être prêt à accepter des critiques. Personnellement depuis que j’ai commencé à faire ce travail, quand tu fais des analyses qui vont dans le sens que le pouvoir fait, l’opposition pense que tu es acheté. Quand tu fais des analyses dans le sens de l’opposition, le pouvoir pense que tu es de l’opposition. Donc à un moment donné, il faut s’arrêter, se poser les bonnes questions.

La société civile est très bien placée pour collecter des informations sur les attentes des victimes de violences, sur les expériences vécues et les évaluations faites par la population locale ainsi que sur les dynamiques locales, nationales et internationales de la réconciliation. Cependant, afin d’être efficace, la contribution de la société civile doit être fondée sur une analyse contextuelle bien développée et sur une vision stratégique tirée d’une compréhension profonde établie à partir d’éléments concrets liés aux nombreux facteurs sous-jacents à la vision actuelle des autorités dirigeantes.

Selon Nestor Ahiavé, personne ressource au HCRRUN, la société civile est une entité à équidistance entre le pouvoir et le peuple. C’est l’interface entre le pouvoir et les populations locales. En choisissant de se mettre à disposition du HCRRUN c’est pour son expertise afin d’expliquer les choses aux populations sans pour autant afficher un parti pris.

Tout comme Nestor et Bernard, ils sont nombreux ces activistes de la société civile togolaise qui ont accepté de se sacrifier pour la réconciliation entre les filles et fils du Togo. Un engagement citoyen qui mérite de faire tâche d’huile.

Anderson AKUE

 

Related Topics
Auteur
Par
@
Related Posts

In The News

Association FRALOM

Association FRALOM

Catégories

Actu Video

météo
Mercredi
27° 22°
20 km/h
Humidité:87%
Niege:4700m.
Pression:1012mb
Jeudi
27° 22°
20 km/h
Humidité:85%
Niege:4700m.
Pression:1012mb
Vendredi
28° 23°
19 km/h
Humidité:86%
Niege:4600m.
Pression:1012mb
tiempo.com   +info

Association FRALOM

Association FRALOM

Catégories

Actu Video

météo
Mercredi
27° 22°
20 km/h
Humidité:87%
Niege:4700m.
Pression:1012mb
Jeudi
27° 22°
20 km/h
Humidité:85%
Niege:4700m.
Pression:1012mb
Vendredi
28° 23°
19 km/h
Humidité:86%
Niege:4600m.
Pression:1012mb
tiempo.com   +info

La société civile, un choix judicieux pour la réconciliation au Togo

5th juin, 2017

Trouver les meilleurs chemins pour mener à bon port le processus de réconciliation nationale afin de faire face aux immenses défis du renforcement de la cohésion sociale et du développement durable auxquels le Togo fait face actuellement n’est pas l’affaire d’une seule personne. C’est à cet exercice que le HCRRUN se prête avec la collaboration de certains acteurs de la société civile à travers des séances d’informations et de sensibilisation. De Lomé à Cinkassé en passant par Sokodé, Mango et Aného, le HCRRUN conformément à son cahier de charge doit procéder à la mise en œuvre des recommandations et du programme de réparation élaborés par la CVJR.

La Togo a une société civile dynamique qui a été engagée dans plusieurs processus de construction de la paix dans le pays. Durant le processus de démocratisation des années 90, la société civile était aux avant-gardes surtout pour la promotion et le respect des droits de l’homme. Les organisations de femmes ont aussi joué un rôle non-négligeable pour la dignité des femmes togolaises tout aussi bien en milieu urbain que rural. Tout récemment, elles ont accompagné la Commission vérité justice et réconciliation de Monseigneur Barrigah. Cette commission mise en place a travaillé pour rétablir la vérité sur les violences sociopolitiques intervenues entre 1958 et 2005. Cette mission de la CVJR a été soutenue par la société civile notamment la Plateforme citoyenne justice et vérité (PCJV) qui a surtout mené des actions de sensibilisation et de lobbying pour rendre le processus inclusif.

Dans le contexte de réparation engagé par le HCRRUN, la société civile est mise en avant. Ce sont ses acteurs qui tentent tant bien que mal de rassurer les populations sur la nécessité d’aller à la réconciliation à travers la présentation d’exposés et de partage d’expériences. Ce processus n’est donc plus l’apanage de l’Etat seul ou de ses alliés.

La présence de la société civile dans ce processus rassure plus d’uns étant donné que ces derniers ont prouvé par leur travail que le bien-être des populations fait partie de leurs préoccupations privilégiées.

Bien que ce soit difficile aux acteurs de la société civile d’avancer aisément sans être taxé de parti pris, c’est toujours difficile de restaurer et de réparer les événements de violences.

Pour Bernard Bokodjin, activiste de la société civile et personne ressource au HCRRUN, des interrogations s’imposent à savoir est-ce que le pays a besoin de se réconcilier ? Est-ce que le Togo a besoin d’aller aux réformes ? Est-ce que le Togo a besoin de reconnaitre les victimes qui ont eu réellement des préjudices ? Si à toutes ces questions, on peut répondre oui, alors la société civile ne peut pas rester en marge et moi je crois que si on accompagne le processus, en tant qu’acteur de la société civile, c’est que tu dois être prêt à accepter des critiques. Personnellement depuis que j’ai commencé à faire ce travail, quand tu fais des analyses qui vont dans le sens que le pouvoir fait, l’opposition pense que tu es acheté. Quand tu fais des analyses dans le sens de l’opposition, le pouvoir pense que tu es de l’opposition. Donc à un moment donné, il faut s’arrêter, se poser les bonnes questions.

La société civile est très bien placée pour collecter des informations sur les attentes des victimes de violences, sur les expériences vécues et les évaluations faites par la population locale ainsi que sur les dynamiques locales, nationales et internationales de la réconciliation. Cependant, afin d’être efficace, la contribution de la société civile doit être fondée sur une analyse contextuelle bien développée et sur une vision stratégique tirée d’une compréhension profonde établie à partir d’éléments concrets liés aux nombreux facteurs sous-jacents à la vision actuelle des autorités dirigeantes.

Selon Nestor Ahiavé, personne ressource au HCRRUN, la société civile est une entité à équidistance entre le pouvoir et le peuple. C’est l’interface entre le pouvoir et les populations locales. En choisissant de se mettre à disposition du HCRRUN c’est pour son expertise afin d’expliquer les choses aux populations sans pour autant afficher un parti pris.

Tout comme Nestor et Bernard, ils sont nombreux ces activistes de la société civile togolaise qui ont accepté de se sacrifier pour la réconciliation entre les filles et fils du Togo. Un engagement citoyen qui mérite de faire tâche d’huile.

Anderson AKUE

 

By
@
Aller à la barre d’outils
backtotop