Mme Elisabeth Pali Tchalla : ” j’ai été il y a plusieurs années l’une des rares femmes à me lancer dans la manutention au Togo”

La faible représentativité des femmes dans les instances décisionnelles, sera encore au cœur des débats lors des activités marquant la journée de la femme africaine ce 31 juillet 2017. Or, le rôle historique joué par les femmes en Afrique témoigne de leur capacité à réaliser et conduire les changements sur le continent.

« L’autonomisation de la femme dans un monde en pleine mutation, planète 50-50 », thème retenu pour cette édition reste en adéquation avec le thème retenu sur le plan national « Leadership politique des femmes togolaises ».

Le 31 juillet 1962 à Dar es Salaam (Tanzanie), des femmes de tout le continent africain s’étaient réunies pour la première fois et avaient créé la première organisation de femmes, la “Conférence des Femmes Africaines” (CFA).

55 ans après que de chemin parcouru ? Les femmes ont pris d’assaut les secteurs réservés à la gent masculine auparavant et donnent d’excellents résultats comme c’est le cas de Madame Elisabeth Pali Tchalla, Présidente directrice générale (PDG) d’une société qui travaille dans le secteur maritime et marraine de l’organisation Women in Maritime in Africa (WIMA).  Elle est la pionnière dans le secteur maritime au Togo. Dans le cadre de cette commémoration, elle partage avec nous les défis de la présence dans ce secteur d’activité.

C’est quoi WIMA ?

WIMA veut dire Women in Maritime in Africa. En français, il se traduit par les femmes dans le maritime en Afrique. WIMA est une organisation panafricaine des femmes qui travaillent dans le secteur maritime. La branche togolaise (Wima Togo) est composée des femmes de l’administration du port autonome de Lomé, des femmes consignataires, des manutentionnaires, des femmes revendeuses des produits de pêche et autres. Et j’en suis la marraine.

« Les femmes maritimes africaines » : vers l’économie bleue en Afrique, c’est le thème de la première conférence continentale sur l’emploi des femmes africaines dans le secteur maritime tenue en Mars 2015 à Luanda en Angola. Deux(2) ans après cette conférence, les femmes africaines ont-elles une place de choix dans le secteur maritime ?

Vous savez, il faut dire qu’au cours des vingt dernières années, le rôle et le statut de la femme au sein du monde maritime ont considérablement évolué générant d’importantes évolutions juridiques économiques, géographiques et sociologiques même si certaines sont suffisamment mises en avant. C’est dans ce contexte que s’est tenue la conférence de Luanda dont vous parlez. C’est pour ça que je voudrais saluer la création de WIMA sous la houlette de l’Union Africaine et qui est une des initiatives visant à promouvoir la place de la femme dans le secteur maritime. Aujourd’hui que ce soit au Togo ou ailleurs. Ces évolutions se constatent dans tous les secteurs d’activités liées à la mer, la marine marchande, la pêche et l’aquaculture, la marine nationale et le yatching professionnel. Le sommet sur la sécurité maritime, la sûreté et le développement en Afrique s’est tenu en octobre 2016 à Lomé a vu une forte mobilisation de la gente féminine actrice de l’économie bleue, et nous avons pu nous rendre aussi compte de l’attention que les autorités de ce pays nous accordent. Mais au-delà de ces avancées, il ne faut pas perdre de vue que l’accès des femmes aux activités maritimes soulève aujourd’hui la question de l’adaptation du secteur dans son ensemble à l’évolution de la norme sociale dans une double perspective de développement durable et de justice sociale. Et c’est là tout l’intérêt de prendre des mesures spécifiques par l’intermédiaire de la planification stratégique et au niveau opérationnel de la coopération technique visant à promouvoir la participation accrue des femmes au secteur maritime.

Les femmes africaines dans le secteur de pêche, artisanale comme industrielle, jouent un rôle dans du conditionnement ou la commercialisation. En Afrique de l’Ouest, près de 80% des produits de la mer sont vendus par les femmes. Cependant la contribution des femmes dans le secteur de la pêche est souvent invisible. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

La contribution de la femme, invisible ? C’est à mon avis une erreur d’appréciation. Vous savez, que ce soit dans le secteur maritime ou dans tout autre secteur, les femmes jouent un rôle indéniable. Particulièrement dans le domaine maritime vous savez déjà combien la part de la gente féminine pèse dans la balance commerciale. C’est vrai qu’il y a plusieurs années, ce rôle n’était pas perceptible, mais aujourd’hui nul ne saurait le dénier. Pour ce qui me concerne, j’ai été il y a plusieurs années l’une des rares femmes à se lancer dans la manutention au Togo. Ce qui n’était pas évident auparavant. Et aujourd’hui, nous essayons comme beaucoup d’autres femmes d’ailleurs à apporter notre pierre à l’édifice national. Faîtes un tour au port de pêche sur le littoral togolais, vous vous rendrez compte à l’évidence de ce que je vous dis. Ce ne sont que des femmes qui se bousculent. De nos jours, la préoccupation de chaque gouvernement au sujet des femmes, c’est leur autonomisation. C’est vrai que le pari de cette autonomisation n’est pas gagné partout, mais il est important de saluer d’énormes avancées. Car il faut le dire, et les Nations Unies l’ont si bien compris, le développement de chaque pays surtout les nôtres est énormément dépendant de l’autonomisation des femmes.

Votre message à l’endroit des femmes africaines en général et togolaises en particulier.

A l’occasion de la journée de la femme africaine, je lance un appel à mes sœurs de briser les chaines que les hommes ont tissé et pour rentrer dans le secteur maritime. C’est un secteur porteur et ce n’est pas fait seulement pour les hommes. Les femmes sont même majoritaires dans ce domaine. Elles doivent être prêtes à relever les défis que les hommes nous ont laissés et qu’ils sachent que nous sommes des femmes africaines décidés à être au-devant de notre pays et au-devant de l’Afrique. L’économie bleue est assez importante que l’économie verte. C’est maintenant qu’on découvre cette économie.

Bonne fête aux femmes africaines et surtout aux femmes togolaises.

Interview réalisée par Anderson AKUE

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Mme Elisabeth Pali Tchalla : ” j’ai été il y a plusieurs années l’une des rares femmes à me lancer dans la manutention au Togo”

31st juillet, 2017

La faible représentativité des femmes dans les instances décisionnelles, sera encore au cœur des débats lors des activités marquant la journée de la femme africaine ce 31 juillet 2017. Or, le rôle historique joué par les femmes en Afrique témoigne de leur capacité à réaliser et conduire les changements sur le continent.

« L’autonomisation de la femme dans un monde en pleine mutation, planète 50-50 », thème retenu pour cette édition reste en adéquation avec le thème retenu sur le plan national « Leadership politique des femmes togolaises ».

Le 31 juillet 1962 à Dar es Salaam (Tanzanie), des femmes de tout le continent africain s’étaient réunies pour la première fois et avaient créé la première organisation de femmes, la “Conférence des Femmes Africaines” (CFA).

55 ans après que de chemin parcouru ? Les femmes ont pris d’assaut les secteurs réservés à la gent masculine auparavant et donnent d’excellents résultats comme c’est le cas de Madame Elisabeth Pali Tchalla, Présidente directrice générale (PDG) d’une société qui travaille dans le secteur maritime et marraine de l’organisation Women in Maritime in Africa (WIMA).  Elle est la pionnière dans le secteur maritime au Togo. Dans le cadre de cette commémoration, elle partage avec nous les défis de la présence dans ce secteur d’activité.

C’est quoi WIMA ?

WIMA veut dire Women in Maritime in Africa. En français, il se traduit par les femmes dans le maritime en Afrique. WIMA est une organisation panafricaine des femmes qui travaillent dans le secteur maritime. La branche togolaise (Wima Togo) est composée des femmes de l’administration du port autonome de Lomé, des femmes consignataires, des manutentionnaires, des femmes revendeuses des produits de pêche et autres. Et j’en suis la marraine.

« Les femmes maritimes africaines » : vers l’économie bleue en Afrique, c’est le thème de la première conférence continentale sur l’emploi des femmes africaines dans le secteur maritime tenue en Mars 2015 à Luanda en Angola. Deux(2) ans après cette conférence, les femmes africaines ont-elles une place de choix dans le secteur maritime ?

Vous savez, il faut dire qu’au cours des vingt dernières années, le rôle et le statut de la femme au sein du monde maritime ont considérablement évolué générant d’importantes évolutions juridiques économiques, géographiques et sociologiques même si certaines sont suffisamment mises en avant. C’est dans ce contexte que s’est tenue la conférence de Luanda dont vous parlez. C’est pour ça que je voudrais saluer la création de WIMA sous la houlette de l’Union Africaine et qui est une des initiatives visant à promouvoir la place de la femme dans le secteur maritime. Aujourd’hui que ce soit au Togo ou ailleurs. Ces évolutions se constatent dans tous les secteurs d’activités liées à la mer, la marine marchande, la pêche et l’aquaculture, la marine nationale et le yatching professionnel. Le sommet sur la sécurité maritime, la sûreté et le développement en Afrique s’est tenu en octobre 2016 à Lomé a vu une forte mobilisation de la gente féminine actrice de l’économie bleue, et nous avons pu nous rendre aussi compte de l’attention que les autorités de ce pays nous accordent. Mais au-delà de ces avancées, il ne faut pas perdre de vue que l’accès des femmes aux activités maritimes soulève aujourd’hui la question de l’adaptation du secteur dans son ensemble à l’évolution de la norme sociale dans une double perspective de développement durable et de justice sociale. Et c’est là tout l’intérêt de prendre des mesures spécifiques par l’intermédiaire de la planification stratégique et au niveau opérationnel de la coopération technique visant à promouvoir la participation accrue des femmes au secteur maritime.

Les femmes africaines dans le secteur de pêche, artisanale comme industrielle, jouent un rôle dans du conditionnement ou la commercialisation. En Afrique de l’Ouest, près de 80% des produits de la mer sont vendus par les femmes. Cependant la contribution des femmes dans le secteur de la pêche est souvent invisible. Comment expliquez-vous cette contradiction ?

La contribution de la femme, invisible ? C’est à mon avis une erreur d’appréciation. Vous savez, que ce soit dans le secteur maritime ou dans tout autre secteur, les femmes jouent un rôle indéniable. Particulièrement dans le domaine maritime vous savez déjà combien la part de la gente féminine pèse dans la balance commerciale. C’est vrai qu’il y a plusieurs années, ce rôle n’était pas perceptible, mais aujourd’hui nul ne saurait le dénier. Pour ce qui me concerne, j’ai été il y a plusieurs années l’une des rares femmes à se lancer dans la manutention au Togo. Ce qui n’était pas évident auparavant. Et aujourd’hui, nous essayons comme beaucoup d’autres femmes d’ailleurs à apporter notre pierre à l’édifice national. Faîtes un tour au port de pêche sur le littoral togolais, vous vous rendrez compte à l’évidence de ce que je vous dis. Ce ne sont que des femmes qui se bousculent. De nos jours, la préoccupation de chaque gouvernement au sujet des femmes, c’est leur autonomisation. C’est vrai que le pari de cette autonomisation n’est pas gagné partout, mais il est important de saluer d’énormes avancées. Car il faut le dire, et les Nations Unies l’ont si bien compris, le développement de chaque pays surtout les nôtres est énormément dépendant de l’autonomisation des femmes.

Votre message à l’endroit des femmes africaines en général et togolaises en particulier.

A l’occasion de la journée de la femme africaine, je lance un appel à mes sœurs de briser les chaines que les hommes ont tissé et pour rentrer dans le secteur maritime. C’est un secteur porteur et ce n’est pas fait seulement pour les hommes. Les femmes sont même majoritaires dans ce domaine. Elles doivent être prêtes à relever les défis que les hommes nous ont laissés et qu’ils sachent que nous sommes des femmes africaines décidés à être au-devant de notre pays et au-devant de l’Afrique. L’économie bleue est assez importante que l’économie verte. C’est maintenant qu’on découvre cette économie.

Bonne fête aux femmes africaines et surtout aux femmes togolaises.

Interview réalisée par Anderson AKUE

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