Mme Akpé Zamba : “Toutes les personnes en situation de handicap ont des compétences qu’elles peuvent faire valoir sur le terrain”

Vice-présidente du réseau Wildaf-Togo, Mme Akpé Zamba a piloté les différentes étapes ayant conduit à la session de sensibilisation dont le thème est « la lutte contre la violence faite aux femmes vulnérables y compris celles en situation de handicap ». Après être passée dans des émissions sur des radios locales dans à Vogan, elle explique à notre Rédaction les attitudes que les populations devraient avoir vis-à-vis des personnes en situation de handicap, et ce qu’elle attend des partenaires techniques et financiers pour mieux relever les défis liés à la discrimination de ces personnes.

Ce projet financé par CBM est exécuté par Wildaf-Togo en collaboration avec Aprofehto vise à combattre la violence contre les femmes vulnérables vivant dans le Vo.

Pourquoi avoir choisi Vogan pour cette session ?

D’après des sondages, la plupart des femmes portefaix du grand marché de Lomé sont originaire de Vogan. En plus les femmes de la préfecture de Vo sont les plus marginalisées sur tous les plans. Les conditions dans lesquelles elles vivent à Lomé avant de faire leur travail les rendent plus vulnérables. C’est pour ça que nous avons ciblé cette localité et on a constaté aussi que la plupart des ONGs ne sont pas trop visibles sur le terrain, donc on a voulu leur apporter l’information.

Wildaf-Togo a mis en place des points focaux de lutte dans le Vo. Quelles sont vos attentes en mettant en place ces points focaux dans le cadre de ce projet ?

Les organisations qui sont sur place ne maîtrisent pas tout l’aspect de handicap d’où notre présence pour les renforcer. On ne peut pas dire qu’elles ne connaissent rien car elles font déjà quelque chose que nous voulons renforcer en mettant à leur disposition la convention relative au droit des personnes en situation de handicap. Ces instruments juridiques protègent les femmes surtout les personnes en situation de handicap. Beaucoup ne savent pas l’existence de ces instruments, et ceux qui savent leur existence méconnaissent son contenu.

Lors de la précédente formation organisée à l’intention de certaines associations et ONGs locales, nous leur avons parlé du document et de son contenu, l’aspect droit de l’homme en général, et les organisations qui travaillent dans la protection et la promotion des droits de la femme. Bref, nous espérons vivement que ces points focaux puissent continuer le travail de sensibilisation dans le VO et nous faire part des différentes difficultés rencontrées sur le terrain.

Quelle attitude les populations doivent avoir à l’endroit des personnes en situation de handicap ?

On a comme l’impression que les personnes en situation de handicap ne sont pas comptées dans la population. Ce qui fait qu’elles sont marginalisées et n’ont pas de revenu aussi. Elles ne savent pas qu’il y a des instruments qui les protègent et elles ne savent même pas à quel sort se vouer. Donc, on a voulu les inciter à savoir qu’elles ont des compétences et des capacités à faire valoir. Si la personne n’a pas de pieds cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas de bras. Si la personne n’a pas des oreilles cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas des yeux. Toutes ces personnes en situation de handicap ont des compétences qu’elles peuvent faire valoir sur le terrain. On a donc voulu leur faire comprendre que ce qu’elles ont comme potentialités, elles peuvent contribuer au développement du pays et spécialement les femmes. Elles sont appelées à être mère de famille, épouse, et aussi occuper des postes de responsabilité, bref faire tout ce que les autres femmes peuvent faire.

A l’endroit de la population, je dirai que nous sommes tous de potentiels handicapés car nous ne savons pas ce que demain nous réserve. Il est donc nécessaire que nous soyons tolérants et regardions autrement les personnes en situation de handicap.

Quelles sont les actions futures à l’endroit des populations de Vo ?

Les organisations que nous avons ciblées représentent en quelque sorte les points focaux pour nous sur le terrain. Il y en a certains parmi elles qui sont membre du réseau Wildaf-Togo. Ce sont des relais que nous avons mis sur le terrain et elles vont continuer les actions de sensibilisation. Elles seront les leaders pour montrer aux populations de Vo qu’elles ont des compétences ; et qu’après tout elles ont des droits. Il y a des conventions qui protègent les personnes en situation de handicap. En dépit de leur handicap, ces personnes peuvent faire quelque chose pour la communauté.

Après les formations antérieures et la sensibilisation de ce jour, nos points focaux, même s’ils ne sont pas tous membres du réseau Wildaf-Togo, seront là à assurer la continuité dans nos futurs projets. Ce n’est pas seulement la thématique handicap qui est la préoccupation de Wildaf-Togo, il y a aussi l’aspect genre, santé, éducation, etc.

La promotion des droits de la femme est un processus continu et nécessite plus de ressources. Quel message à l’endroit des partenaires techniques et financiers pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes ?

Les financements sont tellement rares et nous lançons un appel aux partenaires qu’il y a encore beaucoup de travail sur le terrain à faire. Nous sommes là et on leur tend les mains, il suffit de nous appuyer seulement et nous ferons le reste sur le terrain. Ce n’est pas l’Etat qui va descendre sur le terrain pour faire le travail mais les organisations de la société civile. Elles sont là aux côtés des populations et connaissent les réalités du terrain et ce sont ces organisations qui feront le travail de l’Etat à la base et comme cela ça peut contribuer facilement et aura plus d’impact sur le terrain.

Propos recueillis par Anderson AKUE

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Mme Akpé Zamba : “Toutes les personnes en situation de handicap ont des compétences qu’elles peuvent faire valoir sur le terrain”

5th octobre, 2017

Vice-présidente du réseau Wildaf-Togo, Mme Akpé Zamba a piloté les différentes étapes ayant conduit à la session de sensibilisation dont le thème est « la lutte contre la violence faite aux femmes vulnérables y compris celles en situation de handicap ». Après être passée dans des émissions sur des radios locales dans à Vogan, elle explique à notre Rédaction les attitudes que les populations devraient avoir vis-à-vis des personnes en situation de handicap, et ce qu’elle attend des partenaires techniques et financiers pour mieux relever les défis liés à la discrimination de ces personnes.

Ce projet financé par CBM est exécuté par Wildaf-Togo en collaboration avec Aprofehto vise à combattre la violence contre les femmes vulnérables vivant dans le Vo.

Pourquoi avoir choisi Vogan pour cette session ?

D’après des sondages, la plupart des femmes portefaix du grand marché de Lomé sont originaire de Vogan. En plus les femmes de la préfecture de Vo sont les plus marginalisées sur tous les plans. Les conditions dans lesquelles elles vivent à Lomé avant de faire leur travail les rendent plus vulnérables. C’est pour ça que nous avons ciblé cette localité et on a constaté aussi que la plupart des ONGs ne sont pas trop visibles sur le terrain, donc on a voulu leur apporter l’information.

Wildaf-Togo a mis en place des points focaux de lutte dans le Vo. Quelles sont vos attentes en mettant en place ces points focaux dans le cadre de ce projet ?

Les organisations qui sont sur place ne maîtrisent pas tout l’aspect de handicap d’où notre présence pour les renforcer. On ne peut pas dire qu’elles ne connaissent rien car elles font déjà quelque chose que nous voulons renforcer en mettant à leur disposition la convention relative au droit des personnes en situation de handicap. Ces instruments juridiques protègent les femmes surtout les personnes en situation de handicap. Beaucoup ne savent pas l’existence de ces instruments, et ceux qui savent leur existence méconnaissent son contenu.

Lors de la précédente formation organisée à l’intention de certaines associations et ONGs locales, nous leur avons parlé du document et de son contenu, l’aspect droit de l’homme en général, et les organisations qui travaillent dans la protection et la promotion des droits de la femme. Bref, nous espérons vivement que ces points focaux puissent continuer le travail de sensibilisation dans le VO et nous faire part des différentes difficultés rencontrées sur le terrain.

Quelle attitude les populations doivent avoir à l’endroit des personnes en situation de handicap ?

On a comme l’impression que les personnes en situation de handicap ne sont pas comptées dans la population. Ce qui fait qu’elles sont marginalisées et n’ont pas de revenu aussi. Elles ne savent pas qu’il y a des instruments qui les protègent et elles ne savent même pas à quel sort se vouer. Donc, on a voulu les inciter à savoir qu’elles ont des compétences et des capacités à faire valoir. Si la personne n’a pas de pieds cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas de bras. Si la personne n’a pas des oreilles cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas des yeux. Toutes ces personnes en situation de handicap ont des compétences qu’elles peuvent faire valoir sur le terrain. On a donc voulu leur faire comprendre que ce qu’elles ont comme potentialités, elles peuvent contribuer au développement du pays et spécialement les femmes. Elles sont appelées à être mère de famille, épouse, et aussi occuper des postes de responsabilité, bref faire tout ce que les autres femmes peuvent faire.

A l’endroit de la population, je dirai que nous sommes tous de potentiels handicapés car nous ne savons pas ce que demain nous réserve. Il est donc nécessaire que nous soyons tolérants et regardions autrement les personnes en situation de handicap.

Quelles sont les actions futures à l’endroit des populations de Vo ?

Les organisations que nous avons ciblées représentent en quelque sorte les points focaux pour nous sur le terrain. Il y en a certains parmi elles qui sont membre du réseau Wildaf-Togo. Ce sont des relais que nous avons mis sur le terrain et elles vont continuer les actions de sensibilisation. Elles seront les leaders pour montrer aux populations de Vo qu’elles ont des compétences ; et qu’après tout elles ont des droits. Il y a des conventions qui protègent les personnes en situation de handicap. En dépit de leur handicap, ces personnes peuvent faire quelque chose pour la communauté.

Après les formations antérieures et la sensibilisation de ce jour, nos points focaux, même s’ils ne sont pas tous membres du réseau Wildaf-Togo, seront là à assurer la continuité dans nos futurs projets. Ce n’est pas seulement la thématique handicap qui est la préoccupation de Wildaf-Togo, il y a aussi l’aspect genre, santé, éducation, etc.

La promotion des droits de la femme est un processus continu et nécessite plus de ressources. Quel message à l’endroit des partenaires techniques et financiers pour mieux lutter contre les violences faites aux femmes ?

Les financements sont tellement rares et nous lançons un appel aux partenaires qu’il y a encore beaucoup de travail sur le terrain à faire. Nous sommes là et on leur tend les mains, il suffit de nous appuyer seulement et nous ferons le reste sur le terrain. Ce n’est pas l’Etat qui va descendre sur le terrain pour faire le travail mais les organisations de la société civile. Elles sont là aux côtés des populations et connaissent les réalités du terrain et ce sont ces organisations qui feront le travail de l’Etat à la base et comme cela ça peut contribuer facilement et aura plus d’impact sur le terrain.

Propos recueillis par Anderson AKUE

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