Mlle Amélie Akogo s’engage dans une arène masculine

L’artisanat est un secteur d’avenir dont il faut moderniser les techniques et les produits afin qu’ils soient adaptés aux besoins, aux goûts d’aujourd’hui et des clients du monde entier. Dans ce corps de métier, on retrouve la sculpture qui est l’apanage des hommes. Les femmes s’y font rares. Depuis plus de trois (03) mois, Mlle Amélie Akogo se forme à la sculpture dans l’atelier Tayé Tayé sis à Lomé. Elle s’y est engagée pour s’épanouir et trouver son gagne-pain.

Un métier difficile mais passionnant

Selon Mlle Akogo, la sculpture est dure comme apprentissage, mais c’est la passion qui m’a amené à cette formation car j’adore l’art. Cet apprentissage demande beaucoup d’efforts, de concentration et d’imagination.

Malgré les difficultés rencontrées, Mlle Akogo tient toujours à continuer sa formation pour briser le mythe selon lequel la sculpture est une affaire des hommes. Point ici de féminisme doctrinal, mais plutôt la volonté de prendre à bras le corps une partie des problèmes dont souffrent les femmes africaines et d’y apporter des solutions concrètes.

Le grand challenge des femmes africaines est leur autonomisation sans laquelle elles demeurent vulnérables à la pauvreté.

Dans la pauvreté, ce sont les femmes qui sont les plus pauvres ; et dans l’artisanat, ce sont elles qui ont la situation la plus précaire. L’abnégation et la détermination de cette jeune dame est d’emmener les autres femmes vers la lumière, leur permettre d’avoir confiance en elles et de gagner plus d’argent.

Il suffit d’y croire pour que le rêve devienne réalité“, confie-t-elle. Cela ne peut se réaliser sans le soutien et l’engagement de son formateur Steven Agbétoglo, responsable de l’atelier Tayé Tayé.

Le partage d’expériences est avant tout une richesse

Dans l’atelier Tayé Tayé, on retrouve plusieurs créations notamment des portraits, des penseurs, des femmes africaines, des ustensiles de cuisine et des créations personnelles de Steven portant sur n’importe quel aspect de la vie sociale. Cette connaissance, Steven ne le garde pas pour lui seul. Il le partage avec deux de ses apprentis et un stagiaire.

Quoique plusieurs artisans se plaignent que l’artisanat ne leur permet pas de vivre décemment, l’artiste estime que ce métier me permet de vivre. Cela n’exclut pas les difficultés rencontrées principalement la disponibilité ce la matière première de travail e bois.

Par ailleurs, M. Agbétoglo entretient de bonnes relations avec ses pairs, et a inscrit son atelier à la chambre des métiers de Lomé Les relations entretenues avec les autres artisans et les autorités

Si la culture n’est pas le chou gras des autorités togolaises, il n’en demeure pas moins qu’elles s’investissent pour offrir aux artisans des conditions de travail acceptables. A cet effet, le responsable de l’atelier Tayé Tayé souhaite l’ouverture d’un centre des sculpteurs sous forme d’une galerie générale où ils se retrouveront.

Absence régulière des artistes togolais sur les événements internationaux

Dans les salons, les festivals, les événements régional et international, les artisans togolais sont souvent absents faute de moyens financiers et par manque d’information. Par exemple dans le secteur de la sculpture, le bois est un peu lourd. S’il y a une exposition au Mexique par exemple, il faudrait transporter les œuvres or nous n’avons pas les moyens”, explique M.  Agbétoglo. Ainsi donc, si l’assistance technique et financière de l’Etat s’avère indispensable.

Les artisans ont aussi besoin de crédit pour mieux faire leur travail. Parfois, indique l’artiste sculpteur, il arrive que nous ne vendions pas vite nos œuvres alors que nous avons besoin de plus de financement pour continuer le travail. J’invite donc les togolais à aimer la sculpture, l’artisanat, il ne faudrait pas que ce soit les blancs seulement qui viennent acheter notre travail.

Les initiatives du pouvoir public

Pour aider à l’épanouissement des artisans, l’Etat togolais a mis en place des politiques, des programmes et des infrastructures en place parmi lesquels on retrouve la chambre régionale des métiers, le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques  des Jeunes (FAIEJ), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB), etc.

Les Chambres Régionales de Métiers (CRM) sont des établissements publics à caractère professionnel, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et elles fonctionnent en délégation de service public. Elles ont pour mission de représenter les intérêts professionnels des artisans et de contribuer au développement, à la modernisation et à la structuration du secteur.

Six (6) CRM sont créées et fonctionnelles dans les cinq régions économiques que compte le pays et dans la Commune de Lomé.

Le FAIEJ est  un dispositif intégré et innovant du Gouvernement visant à améliorer l’accès  au financement des jeunes porteurs de  micro-projets d’entreprise. Il a pour objectif l’insertion socio-professionnelle des jeunes par la création des opportunités d’emploi. Le Fonds a donc pour activité principale, le refinancement et la garantie des financements des micro-projets des jeunes aux conditions établies.

Le PRADEB a pour objet le soutien aux activités des groupements d’intérêt économique (GIE), l’installation de plateformes multifonctionnelles et la promotion de l’emploi des jeunes.

Pour AROUNA Madôhona, directeur de la promotion des arts et de la culture, les portes de sa direction sont ouvertes aux artisans. Ce sont eux qui ne viennent pas. Quand des opportunités se présentent, nous diffusons des communiqués qui restent souvent sans suite.

Bonaventure MAWUVI & Anderson AKUE

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Mlle Amélie Akogo s’engage dans une arène masculine

19th mai, 2017

L’artisanat est un secteur d’avenir dont il faut moderniser les techniques et les produits afin qu’ils soient adaptés aux besoins, aux goûts d’aujourd’hui et des clients du monde entier. Dans ce corps de métier, on retrouve la sculpture qui est l’apanage des hommes. Les femmes s’y font rares. Depuis plus de trois (03) mois, Mlle Amélie Akogo se forme à la sculpture dans l’atelier Tayé Tayé sis à Lomé. Elle s’y est engagée pour s’épanouir et trouver son gagne-pain.

Un métier difficile mais passionnant

Selon Mlle Akogo, la sculpture est dure comme apprentissage, mais c’est la passion qui m’a amené à cette formation car j’adore l’art. Cet apprentissage demande beaucoup d’efforts, de concentration et d’imagination.

Malgré les difficultés rencontrées, Mlle Akogo tient toujours à continuer sa formation pour briser le mythe selon lequel la sculpture est une affaire des hommes. Point ici de féminisme doctrinal, mais plutôt la volonté de prendre à bras le corps une partie des problèmes dont souffrent les femmes africaines et d’y apporter des solutions concrètes.

Le grand challenge des femmes africaines est leur autonomisation sans laquelle elles demeurent vulnérables à la pauvreté.

Dans la pauvreté, ce sont les femmes qui sont les plus pauvres ; et dans l’artisanat, ce sont elles qui ont la situation la plus précaire. L’abnégation et la détermination de cette jeune dame est d’emmener les autres femmes vers la lumière, leur permettre d’avoir confiance en elles et de gagner plus d’argent.

Il suffit d’y croire pour que le rêve devienne réalité“, confie-t-elle. Cela ne peut se réaliser sans le soutien et l’engagement de son formateur Steven Agbétoglo, responsable de l’atelier Tayé Tayé.

Le partage d’expériences est avant tout une richesse

Dans l’atelier Tayé Tayé, on retrouve plusieurs créations notamment des portraits, des penseurs, des femmes africaines, des ustensiles de cuisine et des créations personnelles de Steven portant sur n’importe quel aspect de la vie sociale. Cette connaissance, Steven ne le garde pas pour lui seul. Il le partage avec deux de ses apprentis et un stagiaire.

Quoique plusieurs artisans se plaignent que l’artisanat ne leur permet pas de vivre décemment, l’artiste estime que ce métier me permet de vivre. Cela n’exclut pas les difficultés rencontrées principalement la disponibilité ce la matière première de travail e bois.

Par ailleurs, M. Agbétoglo entretient de bonnes relations avec ses pairs, et a inscrit son atelier à la chambre des métiers de Lomé Les relations entretenues avec les autres artisans et les autorités

Si la culture n’est pas le chou gras des autorités togolaises, il n’en demeure pas moins qu’elles s’investissent pour offrir aux artisans des conditions de travail acceptables. A cet effet, le responsable de l’atelier Tayé Tayé souhaite l’ouverture d’un centre des sculpteurs sous forme d’une galerie générale où ils se retrouveront.

Absence régulière des artistes togolais sur les événements internationaux

Dans les salons, les festivals, les événements régional et international, les artisans togolais sont souvent absents faute de moyens financiers et par manque d’information. Par exemple dans le secteur de la sculpture, le bois est un peu lourd. S’il y a une exposition au Mexique par exemple, il faudrait transporter les œuvres or nous n’avons pas les moyens”, explique M.  Agbétoglo. Ainsi donc, si l’assistance technique et financière de l’Etat s’avère indispensable.

Les artisans ont aussi besoin de crédit pour mieux faire leur travail. Parfois, indique l’artiste sculpteur, il arrive que nous ne vendions pas vite nos œuvres alors que nous avons besoin de plus de financement pour continuer le travail. J’invite donc les togolais à aimer la sculpture, l’artisanat, il ne faudrait pas que ce soit les blancs seulement qui viennent acheter notre travail.

Les initiatives du pouvoir public

Pour aider à l’épanouissement des artisans, l’Etat togolais a mis en place des politiques, des programmes et des infrastructures en place parmi lesquels on retrouve la chambre régionale des métiers, le Fonds d’Appui aux Initiatives Economiques  des Jeunes (FAIEJ), le Programme d’Appui au Développement à la Base (PRADEB), etc.

Les Chambres Régionales de Métiers (CRM) sont des établissements publics à caractère professionnel, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et elles fonctionnent en délégation de service public. Elles ont pour mission de représenter les intérêts professionnels des artisans et de contribuer au développement, à la modernisation et à la structuration du secteur.

Six (6) CRM sont créées et fonctionnelles dans les cinq régions économiques que compte le pays et dans la Commune de Lomé.

Le FAIEJ est  un dispositif intégré et innovant du Gouvernement visant à améliorer l’accès  au financement des jeunes porteurs de  micro-projets d’entreprise. Il a pour objectif l’insertion socio-professionnelle des jeunes par la création des opportunités d’emploi. Le Fonds a donc pour activité principale, le refinancement et la garantie des financements des micro-projets des jeunes aux conditions établies.

Le PRADEB a pour objet le soutien aux activités des groupements d’intérêt économique (GIE), l’installation de plateformes multifonctionnelles et la promotion de l’emploi des jeunes.

Pour AROUNA Madôhona, directeur de la promotion des arts et de la culture, les portes de sa direction sont ouvertes aux artisans. Ce sont eux qui ne viennent pas. Quand des opportunités se présentent, nous diffusons des communiqués qui restent souvent sans suite.

Bonaventure MAWUVI & Anderson AKUE

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