L’entrée de la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’ONU fait des mécontents

La République démocratique du Congo a été élue lundi pour siéger au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une élection aussi attendue que contestée par les ONG, qui y voient « un mauvais signal ». Washington a également fait part de sa colère.

Avec 151 voix sur 193, les membres de l’Assemblée générale des Nations unies ont voté pour l’admission de la RDC au sein de l’institution pour la période 2018-2020. « C’est la première fois que notre pays pourra siéger au sein du Conseil, s’enthousiasme Marie-Ange Mushobekwa, ministre congolaise des Droits humains. Nous avons conscience des défis à relever pour promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde. »

Pour faire son entrée dans le cénacle onusien – qui compte 47 membres élus par l’Assemblée générale -, Kinshasa s’est appuyé sur le soutien du groupe Afrique. Le ministre congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu s’est ainsi employé tout au long de l’année à convaincre ses pairs dans les neuf pays limitrophes de la RDC, ainsi qu’au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Guinée.

« Un affront cinglant »

Reste que l’admission au sein du Conseil ne fait pas l’unanimité, notamment du côté des pays occidentaux qui ont vivement critiqué sa candidature. Du côté des ONG, Louis Charbonneau, directeur de plaidoyer auprès de l’ONU à Human Rights Watch, avait déclaré le 12 octobre dans un communiqué que l’entrée de la RDC serait « un affront cinglant aux innombrables victimes des exactions du gouvernement et au travail des courageux activistes congolais ».

Le même jour, plus de 150 organisations congolaises de défense des droits de l’homme avaient invité dans un communiqué les membres des Nations unies à s’opposer à l’entrée de la RDC, jugeant que « cela enverrait un mauvais signal pour un pays qui est loin d’être exemplaire en matière de respect et de promotion des droits humains ».

Les ONG soulignaient également le risque que la RDC puisse être « juge et parti » au sein du Conseil, en faisant référence au déroulement de l’enquête onusienne sur les crimes commis aux Kasaï.

« J’ai pris l’engagement solennel que notre entrée au Conseil n’entravera pas le déroulé des enquêtes, assure pour sa part la ministre Marie-Ange Mushobekwa. Toutes les personnes soupçonnées d’être impliquées dans des atrocités seront poursuivies et condamnées. Nous n’empêcherons jamais la manifestation de la vérité. »

Colère des États-Unis

L’élection de la RDC a par ailleurs provoqué la colère de Washington. Pour les États-Unis, il s’agit d’une »preuve de plus du manque de crédibilité du Conseil des droits de l’Homme et de la nécessité de le réformer afin de le sauvegarder ».

Ce pays « connu pour sa répression politique, sa violence faite aux femmes et aux enfants, ses arrestations et détentions arbitraires, ses homicides et disparitions illégales, a été élu pour travailler au sein de l’institution la plus importante pour les droits de l’Homme », a dénoncé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, citée par l’AFP.  « Les droits de l’Homme sont trop importants pour laisser un système dépassé continuer à exister sans être contrôlé ni réformé », a ajouté Nikki Haley, attendue dans les jours à venir à Kinshasa.

Jeune Afrique

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L’entrée de la RDC au Conseil des droits de l’homme de l’ONU fait des mécontents

17th octobre, 2017

La République démocratique du Congo a été élue lundi pour siéger au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Une élection aussi attendue que contestée par les ONG, qui y voient « un mauvais signal ». Washington a également fait part de sa colère.

Avec 151 voix sur 193, les membres de l’Assemblée générale des Nations unies ont voté pour l’admission de la RDC au sein de l’institution pour la période 2018-2020. « C’est la première fois que notre pays pourra siéger au sein du Conseil, s’enthousiasme Marie-Ange Mushobekwa, ministre congolaise des Droits humains. Nous avons conscience des défis à relever pour promouvoir les droits de l’homme partout dans le monde. »

Pour faire son entrée dans le cénacle onusien – qui compte 47 membres élus par l’Assemblée générale -, Kinshasa s’est appuyé sur le soutien du groupe Afrique. Le ministre congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu s’est ainsi employé tout au long de l’année à convaincre ses pairs dans les neuf pays limitrophes de la RDC, ainsi qu’au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en Guinée.

« Un affront cinglant »

Reste que l’admission au sein du Conseil ne fait pas l’unanimité, notamment du côté des pays occidentaux qui ont vivement critiqué sa candidature. Du côté des ONG, Louis Charbonneau, directeur de plaidoyer auprès de l’ONU à Human Rights Watch, avait déclaré le 12 octobre dans un communiqué que l’entrée de la RDC serait « un affront cinglant aux innombrables victimes des exactions du gouvernement et au travail des courageux activistes congolais ».

Le même jour, plus de 150 organisations congolaises de défense des droits de l’homme avaient invité dans un communiqué les membres des Nations unies à s’opposer à l’entrée de la RDC, jugeant que « cela enverrait un mauvais signal pour un pays qui est loin d’être exemplaire en matière de respect et de promotion des droits humains ».

Les ONG soulignaient également le risque que la RDC puisse être « juge et parti » au sein du Conseil, en faisant référence au déroulement de l’enquête onusienne sur les crimes commis aux Kasaï.

« J’ai pris l’engagement solennel que notre entrée au Conseil n’entravera pas le déroulé des enquêtes, assure pour sa part la ministre Marie-Ange Mushobekwa. Toutes les personnes soupçonnées d’être impliquées dans des atrocités seront poursuivies et condamnées. Nous n’empêcherons jamais la manifestation de la vérité. »

Colère des États-Unis

L’élection de la RDC a par ailleurs provoqué la colère de Washington. Pour les États-Unis, il s’agit d’une »preuve de plus du manque de crédibilité du Conseil des droits de l’Homme et de la nécessité de le réformer afin de le sauvegarder ».

Ce pays « connu pour sa répression politique, sa violence faite aux femmes et aux enfants, ses arrestations et détentions arbitraires, ses homicides et disparitions illégales, a été élu pour travailler au sein de l’institution la plus importante pour les droits de l’Homme », a dénoncé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, citée par l’AFP.  « Les droits de l’Homme sont trop importants pour laisser un système dépassé continuer à exister sans être contrôlé ni réformé », a ajouté Nikki Haley, attendue dans les jours à venir à Kinshasa.

Jeune Afrique

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