Construction d’un 4ème Lac au Togo : Améliorer la situation socio-économique des populations

En 2010, cinq (05) personnes ont trouvé la mort et 2000 maisons ont été inondées pendant plusieurs mois suite à des inondations qui ont exposées plus de 300.000 habitants à des maladies liées à l’hygiène. Ce sinistre a occasionné des pertes économiques s’élevant à plus de 17 milliards de FCFA. Pour pallier à ce problème, le gouvernement a lancé la construction d’un quatrième lac complétant ainsi les trois construits dans les années 1960-70 (Lacs Ouest, Est et du Lac de Bè).

L’opération, dont la cérémonie officielle de lancement des travaux s’est déroulée le 26 avril 2017 en présence du président de la République, est inscrite dans la 2e phase du projet d’aménagement urbain du Togo et financée par l’Union européenne (UE) avec pour maître d’ouvrage la Direction de l’assainissement logée au Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique.

Le projet consiste essentiellement à l’établissement d’un 4ème lac constituant un bassin de stockage des eaux de ruissellement et une décharge de ces eaux vers la mer. La réalisation des ouvrages de drainage des quartiers faisant partie du bassin versant du lac contribuera à l’assainissement global de la zone et supprimera les débordements et les inondations qui affectent les populations riveraines du système lagunaire. Il a pour objectif global de mettre en place une solution définitive aux risques d’inondations de la ville de Lomé.

Le maitre d’ouvrage n’a pas lésiné sur les moindres détails pour que ce projet arrive à bout en de bons termes “zéro incident sur le site“, comme nous l’a confié monsieur Agborazé, Directeur l’assainissement que notre Rédaction a récemment rencontré.

Ainsi, un maître d’œuvre spécialisé a été recruté pour la modélisation du système lagunaire et pour établir les plans détaillés des ouvrages. Sans oublier l’assistance d’un expert pour organiser les services de l’Etat en vue de l’entretien pérenne des ouvrages. Une étude d’impact environnemental et social est réalisée. Les populations expropriées ont reçu une indemnisation et recasées à Adétikopé (banlieue nord de Lomé). Un comité a été aussi mis en place comprenant les leaders d’opinion (chefs de quartier, membres de CDQ, Organisations de la société civile etc.) afin d’être plus proche des bénéficiaires tout en faisant un suivi régulier des travaux réalisés..

L’assainissement hydrique urbain au Togo, plus qu’une nécessité

Ce secteur regorge beaucoup de lacunes en ce sens que le Togo présente un retard important pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) en matière d’assainissement. Deux tiers (2/3) des habitants des villes disposent d’un système d’assainissement (latrine ou fosse septique). Le pays ne dispose de réseaux d’égout collectifs que dans le centre historique de Lomé. Ces réseaux sont très limités, peu ou pas entretenus et ne sont pas associés à des unités d’épuration des effluents dont le pays est entièrement dépourvu.

Notons aussi la présence de caniveaux et les canaux de drainage exposés à l’accumulation des sédiments et des déchets solides. Certains canaux peuvent en être totalement obstrués. Ils peuvent également servir à l’évacuation des eaux usées. Cependant l’usage des latrines ou des fosses septiques constitue le principal mode d’assainissement. Le hic reste la gestion de ces infrastructures par l’administration centrale ou la collectivité étant donné que les textes d’application ne sont toujours pas en vigueur quant à ce qui concerne la loi de 2007 relative à la décentralisation qui prévoit un transfert de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales en matière d’hydraulique. Ce problème connaitra un début de solution avec la tenue des élections législatives et locales prévues d’ici à fin 2018 selon le gouvernement.

Respecter les procédures d’intervention sur un chantier

Dans l’exécution de travaux sur un chantier, qui de plus est ouvert aux populations, il n’est pas à exclure des risques d’incident ou d’accident. Au cas où un pareil sinistre survient, la première des choses à faire c’est d’alerter le personnel travaillant sur le chantier pour la prise de mesures adéquates devant assurer la sécurité physique des personnes. Dans le cas contraire, alerter les responsables locaux (CDQ, chefs quartiers, OSC, …) ou le maître d’ouvrage.

Surtout, il faut éviter que les populations dans le souci d’agir en procédure d’urgence prennent sur elles d’agir afin d’éviter des quiproquos pouvant déboucher sur des incompréhensions.

Le 27 avril dernier, un malheureux incident est intervenu sur le chantier de la construction du 4ème lac de Lomé. Cet incident s’est produit au moment où le personnel de la société Eiffage, chargée de l’exécution des travaux, était absent à cause des festivités marquant la célébration de la fête de l’indépendance nationale. Alertés par le Vice président du comité de développement de Bè, les responsables de la direction de l’assainissement, maître d’ouvrage, ont aussitôt fait une descente sur le chantier pour s’enquérir de la situation.

A leur grand étonnement, ils n’ont pas trouvé sur le terrain  d’éléments nécessaires pouvant faire objet de constat pour un traitement judicieux dudit incident Ce qui a profondément ému le coordonnateur du projet EHLI Kossi, et M. AGBORAZE, directeur de l’assainissement.

Au-delà de ce manquement, subsiste le problème de communication.

Renforcer le système de communication autour du projet

Certes le mètre d’ouvrage met les bouchées doubles pour parvenir non seulement à un bon résultat mais surtout à “zéro incident” sur le site. Pour cela, il a mis à contribution des acteurs regroupés au sein d’un comité composé de leaders d’opinion. Au vu de la situation, il y a lieu d’inciter ce comité à comprendre  la mesure de la responsabilité que lui a conféré l’autorité compétente. A titre d’exemple, l’on assiste à des promenades d’enfants sur le chantier et aux abords du lac, des baignades isolées y compris des sorties hasardeuses d’adultes qui commencent déjà à savourer l’air frais en provenance des eaux du lac en y passant des nuits blanches jusqu’au petit matin. Cette légèreté pourrait occasionner des dégâts massifs en vies humaines étant donné que le nouvel aspect du site éblouit les riverains et fait perdre raison à certains.

Pour le Coordonnateur du projet Godfree G. Kossi Ehli, “un suivi méticuleux dans la réalisation des ouvrages reste la préoccupation principale“.

Le projet qui est à une phase importante se poursuit sous la houlette du groupe français EIFFAGE qui a déjà fait ses preuves dans l’hexagone.

Pour assurer une continuité sereine des travaux sur le site, il est impérieux que le maître d’ouvrage accentue la communication pour maintenir le cap de “zéro incident” et offrir de bonnes infrastructures aux populations qui ne recherchent qu’un mieux-être.

D’autres publications suivront cet article pour mieux sensibiliser les parties prenantes dans ce projet et émettre des observations pour une meilleure gestion sur le site et dans ses alentours.

Bonaventure MAWUVI et Anderson AKUE

 

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Construction d’un 4ème Lac au Togo : Améliorer la situation socio-économique des populations

13th mai, 2017

En 2010, cinq (05) personnes ont trouvé la mort et 2000 maisons ont été inondées pendant plusieurs mois suite à des inondations qui ont exposées plus de 300.000 habitants à des maladies liées à l’hygiène. Ce sinistre a occasionné des pertes économiques s’élevant à plus de 17 milliards de FCFA. Pour pallier à ce problème, le gouvernement a lancé la construction d’un quatrième lac complétant ainsi les trois construits dans les années 1960-70 (Lacs Ouest, Est et du Lac de Bè).

L’opération, dont la cérémonie officielle de lancement des travaux s’est déroulée le 26 avril 2017 en présence du président de la République, est inscrite dans la 2e phase du projet d’aménagement urbain du Togo et financée par l’Union européenne (UE) avec pour maître d’ouvrage la Direction de l’assainissement logée au Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de l’hydraulique.

Le projet consiste essentiellement à l’établissement d’un 4ème lac constituant un bassin de stockage des eaux de ruissellement et une décharge de ces eaux vers la mer. La réalisation des ouvrages de drainage des quartiers faisant partie du bassin versant du lac contribuera à l’assainissement global de la zone et supprimera les débordements et les inondations qui affectent les populations riveraines du système lagunaire. Il a pour objectif global de mettre en place une solution définitive aux risques d’inondations de la ville de Lomé.

Le maitre d’ouvrage n’a pas lésiné sur les moindres détails pour que ce projet arrive à bout en de bons termes “zéro incident sur le site“, comme nous l’a confié monsieur Agborazé, Directeur l’assainissement que notre Rédaction a récemment rencontré.

Ainsi, un maître d’œuvre spécialisé a été recruté pour la modélisation du système lagunaire et pour établir les plans détaillés des ouvrages. Sans oublier l’assistance d’un expert pour organiser les services de l’Etat en vue de l’entretien pérenne des ouvrages. Une étude d’impact environnemental et social est réalisée. Les populations expropriées ont reçu une indemnisation et recasées à Adétikopé (banlieue nord de Lomé). Un comité a été aussi mis en place comprenant les leaders d’opinion (chefs de quartier, membres de CDQ, Organisations de la société civile etc.) afin d’être plus proche des bénéficiaires tout en faisant un suivi régulier des travaux réalisés..

L’assainissement hydrique urbain au Togo, plus qu’une nécessité

Ce secteur regorge beaucoup de lacunes en ce sens que le Togo présente un retard important pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) en matière d’assainissement. Deux tiers (2/3) des habitants des villes disposent d’un système d’assainissement (latrine ou fosse septique). Le pays ne dispose de réseaux d’égout collectifs que dans le centre historique de Lomé. Ces réseaux sont très limités, peu ou pas entretenus et ne sont pas associés à des unités d’épuration des effluents dont le pays est entièrement dépourvu.

Notons aussi la présence de caniveaux et les canaux de drainage exposés à l’accumulation des sédiments et des déchets solides. Certains canaux peuvent en être totalement obstrués. Ils peuvent également servir à l’évacuation des eaux usées. Cependant l’usage des latrines ou des fosses septiques constitue le principal mode d’assainissement. Le hic reste la gestion de ces infrastructures par l’administration centrale ou la collectivité étant donné que les textes d’application ne sont toujours pas en vigueur quant à ce qui concerne la loi de 2007 relative à la décentralisation qui prévoit un transfert de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales en matière d’hydraulique. Ce problème connaitra un début de solution avec la tenue des élections législatives et locales prévues d’ici à fin 2018 selon le gouvernement.

Respecter les procédures d’intervention sur un chantier

Dans l’exécution de travaux sur un chantier, qui de plus est ouvert aux populations, il n’est pas à exclure des risques d’incident ou d’accident. Au cas où un pareil sinistre survient, la première des choses à faire c’est d’alerter le personnel travaillant sur le chantier pour la prise de mesures adéquates devant assurer la sécurité physique des personnes. Dans le cas contraire, alerter les responsables locaux (CDQ, chefs quartiers, OSC, …) ou le maître d’ouvrage.

Surtout, il faut éviter que les populations dans le souci d’agir en procédure d’urgence prennent sur elles d’agir afin d’éviter des quiproquos pouvant déboucher sur des incompréhensions.

Le 27 avril dernier, un malheureux incident est intervenu sur le chantier de la construction du 4ème lac de Lomé. Cet incident s’est produit au moment où le personnel de la société Eiffage, chargée de l’exécution des travaux, était absent à cause des festivités marquant la célébration de la fête de l’indépendance nationale. Alertés par le Vice président du comité de développement de Bè, les responsables de la direction de l’assainissement, maître d’ouvrage, ont aussitôt fait une descente sur le chantier pour s’enquérir de la situation.

A leur grand étonnement, ils n’ont pas trouvé sur le terrain  d’éléments nécessaires pouvant faire objet de constat pour un traitement judicieux dudit incident Ce qui a profondément ému le coordonnateur du projet EHLI Kossi, et M. AGBORAZE, directeur de l’assainissement.

Au-delà de ce manquement, subsiste le problème de communication.

Renforcer le système de communication autour du projet

Certes le mètre d’ouvrage met les bouchées doubles pour parvenir non seulement à un bon résultat mais surtout à “zéro incident” sur le site. Pour cela, il a mis à contribution des acteurs regroupés au sein d’un comité composé de leaders d’opinion. Au vu de la situation, il y a lieu d’inciter ce comité à comprendre  la mesure de la responsabilité que lui a conféré l’autorité compétente. A titre d’exemple, l’on assiste à des promenades d’enfants sur le chantier et aux abords du lac, des baignades isolées y compris des sorties hasardeuses d’adultes qui commencent déjà à savourer l’air frais en provenance des eaux du lac en y passant des nuits blanches jusqu’au petit matin. Cette légèreté pourrait occasionner des dégâts massifs en vies humaines étant donné que le nouvel aspect du site éblouit les riverains et fait perdre raison à certains.

Pour le Coordonnateur du projet Godfree G. Kossi Ehli, “un suivi méticuleux dans la réalisation des ouvrages reste la préoccupation principale“.

Le projet qui est à une phase importante se poursuit sous la houlette du groupe français EIFFAGE qui a déjà fait ses preuves dans l’hexagone.

Pour assurer une continuité sereine des travaux sur le site, il est impérieux que le maître d’ouvrage accentue la communication pour maintenir le cap de “zéro incident” et offrir de bonnes infrastructures aux populations qui ne recherchent qu’un mieux-être.

D’autres publications suivront cet article pour mieux sensibiliser les parties prenantes dans ce projet et émettre des observations pour une meilleure gestion sur le site et dans ses alentours.

Bonaventure MAWUVI et Anderson AKUE

 

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